 |
| Notre nouvel équipage: Marie-Liesse, Paul-Frantz, Azélie |
 |
| Catherine est heureuse d'accueillir sur Alfred sa filleule Mari-Liesse |
 |
| Notre intinéraire: Amsterdam, Zuiderzee, Îles de la Frise, Canal de Kiel, Kiel |
Dimanche 24 mai, messe
dans la Cathédrale d’Amsterdam avant d’appareiller : l’église superbe
n’ouvre ses portes que pour l’office dominical mais celui-ci est magnifique,
animé par un cœur à quatre voix qui nous chante une très belle messe de
Monteverdi … sublime ! Nous appareillons avec notre nouvel équipage
Marie-Liesse, notre nièce et chère filleule de Catherine, Paul-Frantz et
Azélie, leur fille de 7 ans aux yeux rieurs et à la chevelure de feu. Notre avons aussi la joie d'accueillir petite-fille Héloïse et son ami Gregory qui vivent à Utrecht et embarquent sur Alfred pendant deux
jours.
 |
| A Amsterdam, nous quittons le Noorzeekanaal et passons la dernière écluse vers le Zuiderzee |
 |
| Héloïse et Gregory nous accompagnent pendant deux jours, d'Amsterdam à Hoorn |
 |
| Baignade en eau douce dans le Zuiderzee |
 |
| Azélie avec son papa... |
 |
| ... et avec sa maman |
Nous quittons la marina
de Sixhaven, en plein centre
d’Amsterdam, où nous venons de passer trois jours et quittons le Noordzeekanaal en passant sa dernière
écluse pour entrer dans le Zuiderzee. Entre le Zuiderzee et le Waddenzee (mer
intérieure des îles de la Frise) nous entrons au pays des Tjalks, ces merveilleux bateaux de travail et péniches hollandais à
fond plat et à dérives latérales, particulièrement adaptés à la zone de
hauts-fonds dans laquelle nous pénétrons ; Alfred, avec sa dérive centrale
et son faible tirant d’eau dérive haute, se sent particulièrement à l’aise au
milieu de ses nouveaux cousins. Après une courte navigation de 16 milles, nous
nous arrêtons à Volendam dans le port
situé sous le front de mer. Volendam
est un lieu de villégiature où les Amstellodamois viennent s’éclater,
particulièrement ce week-end de Pentecôte où leur équipe, le fameux ‘’Ajax
d’Amsterdam’’ vient de battre celle d’Utrecht (celle d’Héloïse !) :
la bière hollandaise coule à flot sur les bord du Zuiderzee !. Nous
débarquons pour participer à la liesse et une pause pour le ‘’Borrel’’
(l’apéritif du soir) : une bonne Heineken et les zakouski typiques de
Hollande. Nous trouvons le sommeil le soir sur Alfred, bercés par le boucan
sympathique qui règne sur les quais.
 |
| Ajax Amsterdam a battu FC Utrecht, ça s'arrose!! |
 |
| La fête à Volendam |
 |
| Gregory, Marie-Liesse, Paul-Frantz, Azélie, Catherine, Héloïse |
 |
| Magnifiques Botters... |
 |
| ... et Lemteraaks |
Nous larguons nos
amarres le lendemain lundi 25 mai, et quittons Volendam dans un silence de lendemain de fête en direction de Hoorn à 8 milles plus au nord. Le temps
est magnifique, la chaleur est forte et la mer lisse et nous faisons une halte
baignade, un régal dans cette eau douce, avant d’arriver à Hoorn. C’est la ville natale de Willem Schouten, découvreur avec
LeMaire du Cap Horn en 1616 (80 ans après le Détroit de Magellan) ; comme
un hommage à ces grands navigateurs, un grand nombre de tjalks traditionnels superbes y sont amarrés. Belle balade dans les
rues charmantes de la ville sous le cagnard avant de repartir déjeuner à
l’extérieur du port pour une ultime baignade rafraîchissante puis de déposer au
quai Héloïse et Gregory qui rentrent à Utrecht par le train.
 |
| Arrivée à Hoorn |
 |
| Les magnifiques façades des XVI et XVIIèmes siècles, comme neuves |
 |
| Gregory et Héloïse |
 |
| Zeeschouw |
Nous repartons en fin
d’après-midi vers la petite ville d’Enkhuizen située à quelques milles juste
après l’écluse d’une digue qui partage le Zuiderzee. Quelle surprise en
pénétrant dans ce port : un vrai musée flottant ; répartis en
plusieurs darses, ses quais sont remplis de bateaux hollandais à fond plat splendides
et de toutes tailles, des plus petits Zeeschouw, Schoeler et Hoogaars
aux élégants et luxeux Lemsteraak et jusqu’aux
plus grandes péniches ou tjalks
de deux et trois mâts : un bonheur pour les shiplovers (like me !). En outre, la ville au centre de
laquelle nous sommes amarrés est une pure merveille !
 |
| Tjalk à Hoorn |
 |
| Azélie et Marie-Liesse à la manœuvre avant d'arriver à Enkhuizen |
 |
| Arrivée à Enkhuizen |
 |
| Vues d'Enkhuizen |
Nous restons la matinée
du lendemain pour goûter le charme d’Enkhuizen
en nous baladant le long de ses petits canaux fleuris bordés de vieilles
maisons en brique des XVII et XVIIIèmes et en repartons au moment du
déjeuner pour remonter au nord vers la dernière digue du Zuiderzee. Le soleil
est toujours aussi intense et nous faisons un petit break dans l’après-midi
pour une dernière baignade en eau douce… à 23.6°C … mais pourquoi donc les Hollandais
éprouvent-ils le besoin d’aller aux Canaries ? Après le passage de la
grande écluse de Makkum, nous
quittons définitivement le Zuiderzee
pour entrer dans le Waddenzee et
arrivons le soir à Harlingen, le
grand port de la Frise Néerlandaise.
 |
| Dernières vues d'Enkhuizen |
 |
| Dernière baignade dans le Zuiderzee.... 23,6°C ! |
 |
| L'écluse de Makkum : nous quittons le Zuiderzee pour le Waddenzee |
 |
| Premiers milles dans le Waddenzee ... la ''Mer d'Ouate'' ou ''Mer des Brumes'' |
Les précédents ports
nous avaient donné un avant-goût de la richesse du patrimoine maritime des
Pays-Bas qui a si bien su conserver ses bateaux traditionnels, mais à Harlingen, c’est l’apothéose ! Des
dizaines de grands tjalks sont
alignés le long des quais, cette ville est un véritable musée flottant et nous
sommes plongés plusieurs siècles en arrière. Après quelques courses et
promenades en ville, nous sortons des écluses d’Harlingen le mercredi 27 mai en début d’après-midi pour notre
premier bord dans le Waddenzee, cette
mer intérieure des îles de la Frise où l’on slalome entre les bancs de sable.
 |
| Arrivée à Harligen |
 |
| Lemsteraak dans le port d'Harlingen |
 |
| L'incroyable boutique du shipchandler d'Harlingen |
En approchant de l’île
de Terscheling, nous apercevons les
premiers phoques (ils sont légions dans cette mer qui leur appartient) qui se
prélassent sur les bancs de sable. Amarrage à Terscheling en fin d’après-midi,
à point nommé pour le ti’punch du soir.
 |
| Azélie part à l'exploration de Terscheling |
 |
| Cimetière dans les bois à Terscheling |
Matinal, Paul-Frantz commence
le jeudi 28 sa journée par un jogging de 17 km puis, à son retour, entraîne Marie-Liesse
et Azélie pour une longue balade de la matinée en vélo. Nous repartons de Terscheling en début d’après-midi pour
prendre les chenaux dans les bancs de sable à terre de l’île, avec un seuil délicat
à passer où nous devons patienter une heure, le temps que la marée monte
suffisamment et que les bouées de chenal échouées se remettent à flotter. Nous
touchons l’île suivante, Ameland,
assez tard le soir à 21h30 et trouvons un ponton confortable dans le petit port
de Nes.
 |
| Le Waddenze, un Paradis de la Voile |
 |
| Passage critique entre les bancs de sable, à terre de Terscheling...nous rejoignons un bateau mouillé en plein chenal, attendant l'heure de la marée pour passer le seuil. |
 |
| ... passage franchi également par les grands Tjalks.... avec un tout petit pied de pilote |
 |
| Arrivée à Ameland |
Nous marquons une pause
dans notre progression vers le Canal de Kiel en passant la journée du Vendredi
29 à Ameland et trouvons près de la
Capitainerie un loueur de vélos bien achalandé pour nous équiper. Nous laissons Marie-Liesse
partir de son côté avec sa petite famille pour un grand tour de l’île, quant à
nous, nous louons deux bicyclettes (des vraies, à pédales) et faisons une jolie
balade dans les villages à l’ouest de l’île Ballum
et Hollum et leurs jolies maisons en briques du XVIIème qui paraissent toutes neuves, jusqu’au grand phare d’atterrissage d’Ameland qui domine l’île de 60 mètres et d’où la vue est superbe ; presque 30 km à vélo, pas si mal pour les vieillards que nous sommes !.
 |
| Le musée d'Hollum à Ameland.... |
 |
| ... Catherine en profite pour faire un p'tit somme |
 |
| Costume traditionnel d'Ameland |
 |
| La vue du gardien de phare d'Ameland |
 |
| Vues de maisons de Nes |
Trois heures avant la
marée haute, nous partons. Départ le lendemain de Nes à 7h30 du matin pour chenaler dans les méandres du passage
entre Ameland et la côte ; nous
sommes aidés par un Zeeschouw, petit bateau hollandais à fond plat et à bouchains nommé ‘’Teguh’’ qui
nous guide dans ce labyrinthe bien marqué par des bouées ; la carte Navionics s’avère très fiable alors qu’Open CPN est complétement faux. Une
fois sortis de la mer de Wadden et
dégagés de la Frise, nous passons au large des dernières îles
néerlandaises, Schiermonnikoog et Rottumerplaat, dépassons l’estuaire de l’Ems et son trafic maritime menant vers Emden, puis les premières îles frisonnes
allemandes, Borkum et Juist, avant d’arriver à Norderney à 19 heures. Nous sommes
désormais en Allemagne et y resterons jusqu’à Kiel.
 |
| Passage délicat à terre d'Ameland, guidés par ''Teguh'' |
 |
| Arrivée à Norderney où nous avons la surprise de retrouver les Belloy |
Nous voici maintenant
dans les lieux du roman ‘’L’énigme des sables’’ de Robert Erskine Childers qui,
à l’instigation de notre ami Yves Lagane, nous a attirés dans ces régions où la
navigation est si inhabituelle. Notre première escale à Norderney nous déçoit un peu : au lieu de l’île romantique et
déserte décrite dans le roman, nous voilà amarrés dans la marina d’une station
balnéaire très en vogue avec son lot de boutiques chics et de bistrots à la mode ; cette déception est compensée
par des retrouvailles avec France et Hervé de Belloy sur ‘’Le Saint-Liénard’’
que nous avions quitté à Amsterdam ; en outre, les plages qui s’étendent à
perte de vue sont magnifiques. L’escale suivante, une vingtaine de milles plus
à l’Est, nous réconcilie avec l’atmosphère du roman : à Spiekeroog, où nous arrivons dimanche 31
mai avant 6 heures du soir, nous découvrons un petit village, touristique
certes mais charmant et paisible, où nous allons faire une longue promenade
avant de dîner à bord dans un port qui assèche presque complétement.
 |
| Messe dominicale à l'église ''Stella Maris'' à Norderney |
 |
| Chenalage d'accès au port de Spiekeroog |
 |
| Les dune de Spiekeroog |
Nous quittons
définitivement les îles de la Frise lundi matin 1er juin au petit
jour pour ne pas être bloqués par la marée. Route tranquille au moteur jusqu’à Cuxhaven à l’embouchure de l’Elbe où
nous déposerons Catherine qui rentre à Nantes avant de rejoindre Alfred dans
une dizaine de jours à Copenhague. A Cuxhaven le lendemain matin, nous avons la
surprise de retrouver ‘’Le Saint-Liénart’’ arrivé dans la nuit ; nous
repartons vers midi, direction Brünsbuttel,
une quinzaine de milles en amont sur l’Elbe, pour prendre l’écluse d’entrée
dans le canal de Kiel. |
| Courte escale à Cuxhaven |
Le Canal de Kiel, 100 kilomètres entre Brünsbuttel et Kiel, est
une longue navigation au moteur, longue mais pas monotone : on y croise de
gros cargos venant de la Mer Baltique au milieu d’une belle nature en
bousculant parfois les nombreux cygnes qui en ont fait leur royaume. Nous
faisons une petite pause après 40 kilomètres à Gieselau, dans une branche désaffectée de l’ancien canal où nous
invitons nos amis France et Hervé pour un dîner mardi soir sur Alfred :
belle soirée bucolique de navigateurs entourés des petits oiseaux et des fleurs
des champs.
 |
| ''Le Saint Liénard'' nous accompagne vers l'entrée du Canal de Kiel |
 |
| L'écluse de Brünsbuttel, entrée du canal |
 |
| Pause champêtre à Gieselau, à mi-chemin du canal |
Nous reprenons le cours
du Canal mercredi 3 juin par un temps maussade qui se dégage à mesure que nous
nous approchons des écluses d’Haltenau
qui nous ouvrent les portes de la Mer Baltique et arrivons vers 17 heures dans la
marina historique Düsternbrook qui
fut faite pour les Jeux Olympiques de 1936. Marie-Liesse, Paul-Frantz nous
quittent demain pour Fontainebleau tandis qu’Alfred attendra son nouvel
équipage qui arrive le 5, destination Copenhague.
 |
| La douce Azélie aux yeux rieurs et à la chevelure de feu |
Addendum :
les bateaux traditionnels du Zuiderzee et de la Frise.
 |
| Zeeschouw : coque acier ou bois, bouchains marqués, tableau arrière, dérives latérales en chêne, gréement aurique à corne, voiles brunes (proue arrondie en « marotte », tableau arrière vertical coque assez large et courte, mât sur jumelles, souvent abattable). |
 |
| Schokker : Bateau puissant, fond plat, dérives latérales, bonne tenue en mer intérieure mais moins performant au près (proue très haute et arrondie, arrière souvent pointu ou arrondi, coque volumineuse). |
 |
| Hoogaars : Bateau de pêche traditionnel, rapide, très manœuvrant. (proue très inclinée vers l’avant, arrière arrondi, ligne élégante et fine). |
 |
| Botter : Bateau de pêche robuste, emblématique du Zuiderzee, voiles brunes, dérives latérales massives (proue très haute et arrondie, arrière large et arrondi, cabine courte et massive). |
 |
| Lemsteraak : Très réputé pour la plaisance et la course, coque élégante, très rapide, souvent luxueuse (proue en «cuillère», arrière large et arrondi, très forte tonture). |
 |
| Tjalk : Grand bateau de charge traditionnel, coque longue, fond plat, dérives latérales, gréement aurique (proue en étrave ronde, arrière en tableau incliné, très large maître-bau). |