samedi 24 octobre 2026

La Trinité – Lisbonne : Un Golfe de Gascogne très serein

 

L'équipage : Marc-Antoine, Dominique, Guillaume, Eric

Auvant de partir le lundi 12 octobre, pour sa nouvelle aventure en Afrique de l’Ouest, Alfred vient de passer un mois au sec sur le terre-plein de La Trinité pour se refaire une petite beauté après sa tournée du Nord en Norvège. Il s’agissait essentiellement d’un carénage et nettoyage de la coque ainsi que de petits travaux d’électricité et d’électronique du bord. Avant le chargement des vivres pour huit mois de voyage, magistralement orchestré par Catherine lors des derniers jours, il aura fallu aussi embarquer, en plus de l’outillage, voiles et matériel de rechange, un important chargement médical pour la mission VSF au Siné-Saloum ainsi que quelques 300 kilos de prothèses de jambes à destination de la Gambie pour l’association Nav’Solidaire. Ce matériel est en grande partie stocké et arrimé dans deux cabines avant : à la pesée sous le travel-lift au moment de la mise à l’eau, d’Alfred passait de 8,4 tonnes lège à 11 tonnes ! …. et piquait nettement du nez une fois mis à l’eau.


Mise à l'eau d'Alfred, chargé comme une mule !

Catherine, intendante en chef, explique le rangement à l'équipage.

La veille du départ, nous accueillons au train d’Auray notre équipage qui vient passer la dernière soirée et la nuit à Ker Biren avant l’appareillage : Guillaume Libaudière et ses deux amis, Eric Levesque et Marc-Antoine Mallet. Guillaume est un équipier très confirmé d’Alfred, sur le trajet Lisbonne-Canaries en 2022 puis lors d’une mémorable transat Bermudes-Açores sur les chapeaux de roues en 2024.

Pleins de GO et d'eau avant de partir

Ah, la vie de femme de marin !

La météo annoncée n’est pas géniale : un vent de suroît modéré pendant 36 heures, puis une période de pétole avant de toucher un vent d’Est qui devrait nous permettre de nous extraire du golfe de Gascogne jusqu’à la Galice, avant d’atteindre les Alizés Portugaises jusqu’à Lisbonne.

Eric et Marc-Antoine, première soirée en mer

Catherine largue nos amarres lundi vers midi du ponton de gazole de La Trinité où nous venons de faire les pleins et nous nous extrayons de la Baie de Quiberon par le passage de Béniguet vers 15 heures ; après une tentative de voiles, la brise mollit et nous voilà partis pour un long bord au moteur qui nous emmène au SSW jusqu’à la latitude de Bordeaux le mardi après-midi où nous touchons enfin un peu de vent qui nous permet de faire route vers le Cap Ortegal en Galice. Cette gentille brise ne dure malheureusement pas et nous repartons pour une nuit de moteur dans la nuit.

Les talents de Chef d'Eric



Belle journée de voile le mercredi 14 sous grand-voile et code Ø, la température est douce et Éric donne libre expression à ses talents culinaires en nous concoctant des plats de cordon bleu : Brillat-Savarin est renvoyé à l’office et la vie est belle !

Pinger

Passage du Cap Villano

Quand nous nous approchons de la pointe de Galice le jeudi matin après une nouvelle nuit au moteur, nous mouillons par l’arrière nos deux pingers pour éloigner les orques… nous approchons de leurs zones de jeux…. Marc-Antoine est dans le cockpit vers midi quand il ressent tout-à-coup un léger choc sur la barre puis aperçoit aussitôt un orque qui fait surface le long d’Alfred… c’est un « petit » de 3 mètres qui vient de faire un délicat petit bisou à notre safran tribord ! Il reste quelques minutes sous notre coque puis disparaît…. Nous nous rapprochons dès lors de la côte jusqu’à l’isobathe 20 mètres pour contourner la côte jusqu’au Cap Villano avant de faire cap au sud vers Lisbonne.

Dernier soir au large du Portugal

Cabo Raso, dernier cap avant l'entrée du Tage

Arrivée à Lisbonne, la Tour de Belém et le Ponte 25 de Abril

Monument d'Henri le Navigateur : Padrão dos Descobrimentos

Praça do Comércio, la plus belle place d'Europe selon Valery Larbaud

Belle journée de voile plein vent-arrière, génois tangonné, le vendredi 16 octobre à 30 milles de la côte en traînant nos deux pingers dans lesquelles nous gardons notre confiance (illusoire ?), nous passons entre les Îles Berlingues et Peniche dans la nuit du vendredi et passons en fanfare samedi 17 vers 14 heures, toute voiles dehors et par bonne brise, le Cap Raso qui nous ouvre l’entrée du Tage.

Parque das Nações quartier d'Expo'98

Monastère des Hiéronymites



Pause déjeuner à Belém

Magnifique entrée à Lisbonne : nous longeons la ville assez près de la rive et admirons au passage la Tour de Belém, le Monument des Découvertes au sommet duquel Henri le Navigateur nous accueille, le Pont du 25 Avril qui bourdonne bruyamment au-dessus de nos têtes, la superbe Place du Commerce dominée par la Château Saint Jorge avant trouver notre amarrage dans la marina du Parque das Nações où Alfred va rester une semaine.

Vue de la Place du Commerce depuis le Château São Jorge


Une tradition bien lisboète : le verre de ginjinha avant de dîner

La Gare d'Oriente au Parque das Nações

Dernier p'tit déj' pour Marc-Antoine qui nous quitte

Promenade au Palais de la Fronteira



Trois jours de tourisme dans cette ville merveilleuse avec cet équipage qui quitte Alfred petit à petit : Marc-Antoine part le premier après une grande balade dans Lisbonne dimanche clôturée par un dîner d’équipage dans la Baixa, Guillaume aura le plaisir de retourner lundi au Palais de la Fronteira avant de partir à son tour, happé par son devoir de grand-père aux Montys, puis Éric restera pour un petit rab’, une escapade à Sintra. Merci à tous trois de m’avoir intégré dans votre si sympathique trio d’amis de 50 ans !




mardi 1 septembre 2026

Retour au bercail : Le Havre – La Trinité

 

L'équipage : Jacques, Marguerite, Loïc, Dominique (photo prise à Roscoff)

Le Havre le jeudi 27 août, Alfred est arrivé d’Oslo la veille et l’équipage de la Mer du Nord nous quitte dans la matinée vers Paris. Jacques reste à bord jusqu’à La Trinité/Mer et fait quelques courses de vivres en attendant qu’arrivent nos nouveaux équipiers : notre petite-fille Marguerite, sœur de Jacques, qui revient de Chine et mon vieux copain Loïc Jomier, équipier régulier d’Alfred (Cuba en 2013, Brésil en 2016, transat Bermudes-Açores en 2017, Cap-Vert en 2024). Nous appareillons vers 17 heures avec une bonne météo mais l’annonce d’un coup de vent possible sur notre route de quelques 360 milles jusqu’à la Trinité.

Départ du Havre


Première nuit en mer, la Grande Ourse nous montre la route....

... et la Pleine Lune nous accompagne ...

Arrivés le 28 au petit matin au niveau de la pointe du Cotentin, nous sommes refoulés par les courants contraires du Raz Blanchard et nous réfugions dans l’Anse Saint Martin, à l’ouest de la pointe de La Hague pour attendre la renverse. Pendant cette pause forcée arrive l’annonce d’un fort coup de vent pour la journée du 29.

Un peu de tourisme sur le trajet : l'usine de retraitement de la Hague

Nous repartons vers 11 heures de notre refuge avec l’intention d’atteindre l’Aberwrac’h avant l’arrivée du coup de vent annoncé pour le lendemain à partir de 9 heures … mais cette prétention un peu optimiste est assez vite remise en cause par les forts courants de la côte nord de Bretagne. Jersey est dépassé un peu poussivement et, longeant d’assez près la côte depuis Bréhat, nous atteignons dans la matinée du lendemain le port de Roscoff où nous nous amarrons au moment où commencent les premières rafales violentes de vent.


Passage au nord du champ d'éoliennes de la baie de Saint Brieuc

Pause-resto à Roscoff pendant la tempête

Cette pause obligée à Roscoff nous fait du bien : déjeuner au restaurant invités par Loïc, bonne sieste suivie de quelques bricolages sur Alfred et coucher le soir très tôt pour les 160 milles qui nous restent.


Rien ne vaut une cuisinière gourmande

Nous quittons Roscoff le dimanche 30 à 4 heures du matin afin de pouvoir embouquer le chenal du Four au moment de la renverse. Nous y arrivons un peu tard, de sorte qu’à la sortie du Four, au niveau de la Pointe de Corsen, la marée s’inverse et nous luttons contre le courant, péniblement à 1 nœud, moteur à fond. Pour nous en sortir, nous rasons la côte de très (très très très ...) près entre la Petite Vinotière et la Pointe Saint Mathieu ; un promeneur de la côte nous observant et nous croyant en difficulté alerte le CROSS qui nous appelle pour nous demander si tout va bien – nous rassurons tout le monde et arrivons enfin à nous dégager… Nous mesurons une fois de plus la vigilance et l’efficacité du système de surveillance des côtes, c’est rassurant.

Coup de téléphone à Catherine : 55 ans ans de mariage aujourd'hui !

Yes ! We did it !

Jacques et Marguerite, équipiers de choc au Raz-de-Sein

Une nouvelle dépression, moins forte que la précédente, est annoncée pour l’après-midi et nous atteignons enfin le Raz de Sein vers 20 heures, au plus près en nous aidant du moteur. Le reste de la route est parcouru grand patin dans la nuit du lendemain, au grand largue avec quelques forts grains, et nous retrouvons notre chère Trinité le 1er septembre à 8 heures du matin pour prendre notre petit déjeuner avec Catherine à Ker Biren. Alfred est en forme mais va se mettre au sec pendant un mois pour se refaire une petite beauté avant de repartir début octobre pour de nouvelles aventures africaines.

 

Retour à La Trinité-sur-mer


samedi 29 août 2026

Croisière d’Oslo à Kristiansand et traversée de la Mer du Nord jusqu’au Havre

L'équipage Oslo-Kristiansand : Jean, Jacques, Mathilde, Louise, Dominique, Marie

Débarquant de l’avion à Oslo depuis Nantes le 15 août en fin d’après-midi, je retrouve Alfred et son équipage dans la Marina Aker Brygge située au centre-ville. J’y rejoins Emmanuel & Caroline ainsi que leurs amis Tanguy & Barbara et leurs familles qui achèvent leur croisière, 10 équipiers très heureux de leur balade ; comme les équipages familiaux précédents, ils ont bénéficié d’un très beau temps et sont enchantés de leur virée nordique. Ils m’entraînent au restaurant pour un dîner de fin de croisière.

L'ancien équipage d'Alfred  nous passe le relai : Emmanuel&Caroline, Tanguy&Barbara et leur famille 

Préparatifs de départ, Jacques grimpe au mât pour un changement de drisse


 
Nos étapes de croisière le long de la côte norvégienne

Je les retrouve le lendemain après ma nuit à l’hôtel avant leur départ pour une balade au Danemark et un retour vers Paris ; dans la journée, j’ai la joie d’accueillir Benjamin& Clélia qui reviennent d’un périple en camping-car en Suède et passent la nuit à bord. Notre nouvel équipage de jeunes cousins rejoint le bord dans l’après-midi : Mathilde Chevillotte & Jean Dubrel qui ont déjà navigué sur Alfred (traversée Canaries-CapVert en 2015) ainsi que Marie Chevillotte et Louise Colin qui embarquent pour la première fois ; Jacques, notre petit-fils, nous rejoint dans la nuit en débarquant de l’avion. Veillée d’armes sur Alfred avant le départ : nous dormons à 11 à bord, bien entassés avec la famille de Benjamin qui nous quitte demain, presque un record !

Un privilège rare : croiser un drakkar viking de haute mer - 35 mètres


Gréement des bonnettes de grand-voile 

Approches du détroit d'Oskarborg dans le fjord d'Oslo

Cousines ....

... Marie, Mathilde, Louise


Sortie du fjord d'Oslo

Louise, Jean, Jacques, Mathilde

Appareillage d’Oslo le 17 août à 11 heures après quelques courses de vivres frais pour nous dégager le plus tôt possible du fjord d’Oslo et entrer dès demain dans le vif du sujet : un cabotage le long de la côte très échancrée jusqu’à Kristiansand avec au programme des mouillages forains très prometteurs. Avant le passage du célèbre goulet d’Oskarborg, nous doublons un superbe Drakkar de haute mer, 35 mètres de long, plein vent-arrière sous sa grande voile carrée rouge vif. Les lignes commencent à donner, modestement, et les deux maquereaux remontés nous font un bon apéritif quand nous arrivons à la nuit tombante, dans le charmant mouillage niché entre les rochers de l’île Bolæren où nous passons une nuit très paisible.


Arrivée au mouillage de l’île Bolæren 




Couleurs du soir à Bolæren ....

... et baignade le matin






Deux sœurs

Départ de Bolæren par mer d'huile

Après une paresseuse grasse mat’, nous poursuivons le lendemain notre cabotage vers le sud, la côte est splendide et le temps superbe nous accompagnera jusqu’à notre arrivée à Kristiansand. Les lignes qui commencent à donner davantage, des maquereaux-portion parfaitement calibrés, sont remontées le temps d’un arrêt pour le déjeuner dans l’anse de Verdensende, mouillage très recommandé par les équipages précédents ; puis la pêche continue en tirant des bords dans la brise de secteur Sud qui s’est enfin levée jusqu’au mouillage exceptionnel du petit archipel de Svenner, bien marqué par un phare en fonte construit en 1900.

Pause déjeuner dans les rochers proches de Verdensende


Vues de Verdensende



Un phare antique à Verdensende : le panier d'acier au bout de la bascule porte des braises incandescentes qui éclairent la nuit !









Verdensende, niché dans des îles de roches érodées par d'anciens glaciers

Le site est admirable et sa contemplation distrait le skipper qui manque de très peu de percuter un rocher au ras de l’eau placé en plein milieu de la passe d’entrée pourtant bien marqué sur la carte …. l’alerte vigoureuse de Jacques nous le fait éviter de justesse, nous le frôlons ! Ouf ! L’incident est vite oublié quand nous nous amarrons le long d’un rocher de l’anse très étroite qui constitue un abri parfait. Courte balade de l’équipage à terre pour se dégourdir les jambes avant de déguster le soir la pêche du jour : deux excellents maquereaux par équipier, la vie est belle !


En route vers Svenner




Arrivée à Svenner qui porte un phare remarquable en fonte datant de 1900


Amarrage sur le rocher à Svenner



... et re-baignade-plongée le lendemain matin 


Nouveau départ vers l'archipel de Kragerø

 

Mercredi 19 août ; nos journées vont suivre le même programme jusqu’à notre arrivée à Kristiansand : belles journées ensoleillées, pas beaucoup de vent, appareillage pas trop tôt le matin, pêche des maquereaux, arrêt au moment du déjeuner dans un mouillage à l’abri des rochers puis poursuite de notre cabotage côtier jusqu’au joli mouillage forain du soir, suffisamment tôt pour apprécier le ti’punch ou le petit rosé du soir avant un bon dîner concocté par nos talentueuses équipières et enfin parties de ‘’UNO’’ ou de ‘’10.000’’ aux dés avant de dormir dans un cadre de rêve. 


Mouillage dans l'île Stushl, archipel de Kragerø

Vues de Stushl









Vues de Rauame






Alfred au mouillage de Rauane

Aujourd’hui, quittant Svenner, ce sera l’archipel de Kragerø, un labyrinthe d’îles et de gros rochers très accores, qui nous offre une salle à manger au creux de l’île Stushl le temps du déjeuner avant une magnifique soirée au cœur des rochers des îles de Rauame.

 









Vues de Lyngør







 

Nous repartons un peu plus tôt le lendemain 20 août pour atteindre Arendal à 40 milles plus au Sud. Déjeuner-sieste dans une anfractuosité de l’île Lyngør à mi-chemin puis chenalage à l’intérieur des îles avant d’atteindre pour la nuit un mouillage au fond de l’anse très encaissée de Færvigkilen proche de la ville très active d’Arendal, bien à l’abri du bruit et des lumières.

 


Arrivée dans le canal étroit qui mène à Arendal








Nous approchons de Kristiansand et ce vendredi 21 août est notre dernière journée de cabotage le long de cette merveilleuse côte du SE de la Norvège que nous avons visitée avec un temps idéal ! Après un appareillage un peu plus tôt que les jours précédents, la navigation côtière se déroule conformément à notre agréable routine : déjeuner à l’abri des roches de l’île Klubbl puis louvoyage pour atteindre un corps-mort dans une petite anse du fjord de Kristiansand, proche de la ville.







Pause-déjeuner dans les rochers de Klubbl







Kristiansand le 22 août : c’est le rendez-vous d’une relève partielle d’équipage avant de traverser la Mer du Nord. Nous nous amarrons vers dix heures dans la marina d’Austerhavn à Kristiansand pour embarquer Olivier, le mari de Marie qui arrive d’Oslo en train ; Jean débarque pour rentrer à Paris, ainsi que Marie qui part pour un petit périple entre Stavanger et Bergen – elle aura juste le temps d’embrasser son cher époux au passage… Le temps de quelques courses de vivres frais, de faire les pleins d’eau et de gazole et de déjeuner, nous sommes prêts à ré-appareiller vers 15 heures pour notre traversée, 470 milles jusqu’à Dunkerque ou 600 milles si nous atteignons le Havre.

 

En route vers Kristiansand


Dernier mouillage forain à proximité de Kristiansand




La météo est favorable pour cette traversée : un flux de vent bien soutenu de NNW pendant la première partie, puis une bascule à l’ENE aux approches de la Manche : on aurait pu craindre une traversée au près, ce ne sera pas le cas, ce sera au contraire du grand largue pendant quatre jours, le temps d’arriver à destination.


Arrivée à Kristiansand





µ

Une dernière glace sur le port avant de partir, Olivier vient d'arriver, Marie nous quitte

Après une sortie au moteur puis toutes voiles dehors, nous sommes cueillis à la sortie du fjord de Kristiansand par une forte brise de 30 nœuds et nous réduisons la toile : grand-voile à 2 ris et trinquette. Dans la nuit, le vent se renforce jusqu’à 40 nœuds dans les rafales et le pilote a un peu de mal à tenir le cap dans la mer qui devient forte mais sans déferler ; les estomacs, eux aussi, sont un peu éprouvés jusqu’au lever du jour. 

Olivier, embauché dès son arrivée à bord

Sortie du fjord de Kristiansand, en route vers la Mer du Nord !




Jusqu'à présent, tout va bien ....

... mais ça va se gâter !!!

Après un sommeil perturbé, l’équipage reprend vie le matin du dimanche 23 août, le vent mollit un peu dans l’après-midi et nous pouvons renvoyer toute la toile avant la nuit. 160 milles parcourus pendant les premières 24 heures !




 La nuit du 23 est beaucoup plus sereine au grand largue dans une mer qui se calme progressivement puis le vent bascule en mollissant au petit matin pour quelques heures de moteur. Quand nous arrivons le 24 en fin d’après-midi au large de la Frise néerlandaise, au moment où nous traversons un grand champ d’exploitation de pétrole offshore, le vent s’établit de secteur ENE et nous filons vers Dunkerque sous grand-voile et génois dans un trafic maritime de plus en plus dense à l’approche de la Manche.

Traversée des champs pétroliers offshore de la Mer du Nord


La journée du 25 est triomphale, d’abord au grand largue à 7 nœuds, nous fonçons vers le Pas de Calais que nous franchissons en fin d’après-midi plein vent-arrière, génois tangonné  sur bâbord. Le rail est franchi pendant la nuit où nous avons le privilège de croiser le Belem, splendide toutes voiles dehors, avant d’arriver le 26 août dans l’après-midi au Havre : une magnifique traversée de la Mer du Nord, plus de 600 milles parcourus en quatre jours à 6,2 nœuds de moyenne : bon cheval !

Une voile à l'horizon !
C'est le Belem qui nous accueille !

L'équipage devant Etretat