samedi 29 août 2026

Croisière d’Oslo à Kristiansand et traversée de la Mer du Nord jusqu’au Havre

L'équipage Oslo-Kristiansand : Jean, Jacques, Mathilde, Louise, Dominique, Marie

Débarquant de l’avion à Oslo depuis Nantes le 15 août en fin d’après-midi, je retrouve Alfred et son équipage dans la Marina Aker Brygge située au centre-ville. J’y rejoins Emmanuel & Caroline ainsi que leurs amis Tanguy & Barbara et leurs familles qui achèvent leur croisière, 10 équipiers très heureux de leur balade ; comme les équipages familiaux précédents, ils ont bénéficié d’un très beau temps et sont enchantés de leur virée nordique. Ils m’entraînent au restaurant pour un dîner de fin de croisière.

L'ancien équipage d'Alfred  nous passe le relai : Emmanuel&Caroline, Tanguy&Barbara et leur famille 

Préparatifs de départ, Jacques grimpe au mât pour un changement de drisse


 
Nos étapes de croisière le long de la côte norvégienne

Je les retrouve le lendemain après ma nuit à l’hôtel avant leur départ pour une balade au Danemark et un retour vers Paris ; dans la journée, j’ai la joie d’accueillir Benjamin& Clélia qui reviennent d’un périple en camping-car en Suède et passent la nuit à bord. Notre nouvel équipage de jeunes cousins rejoint le bord dans l’après-midi : Mathilde Chevillotte & Jean Dubrel qui ont déjà navigué sur Alfred (traversée Canaries-CapVert en 2015) ainsi que Marie Chevillotte et Louise Colin qui embarquent pour la première fois ; Jacques, notre petit-fils, nous rejoint dans la nuit en débarquant de l’avion. Veillée d’armes sur Alfred avant le départ : nous dormons à 11 à bord, bien entassés avec la famille de Benjamin qui nous quitte demain, presque un record !

Un privilège rare : croiser un drakkar viking de haute mer - 35 mètres


Gréement des bonnettes de grand-voile 

Approches du détroit d'Oskarborg dans le fjord d'Oslo

Cousines ....

... Marie, Mathilde, Louise


Sortie du fjord d'Oslo

Louise, Jean, Jacques, Mathilde

Appareillage d’Oslo le 17 août à 11 heures après quelques courses de vivres frais pour nous dégager le plus tôt possible du fjord d’Oslo et entrer dès demain dans le vif du sujet : un cabotage le long de la côte très échancrée jusqu’à Kristiansand avec au programme des mouillages forains très prometteurs. Avant le passage du célèbre goulet d’Oskarborg, nous doublons un superbe Drakkar de haute mer, 35 mètres de long, plein vent-arrière sous sa grande voile carrée rouge vif. Les lignes commencent à donner, modestement, et les deux maquereaux remontés nous font un bon apéritif quand nous arrivons à la nuit tombante, dans le charmant mouillage niché entre les rochers de l’île Bolæren où nous passons une nuit très paisible.


Arrivée au mouillage de l’île Bolæren 




Couleurs du soir à Bolæren ....

... et baignade le matin






Deux sœurs

Départ de Bolæren par mer d'huile

Après une paresseuse grasse mat’, nous poursuivons le lendemain notre cabotage vers le sud, la côte est splendide et le temps superbe nous accompagnera jusqu’à notre arrivée à Kristiansand. Les lignes qui commencent à donner davantage, des maquereaux-portion parfaitement calibrés, sont remontées le temps d’un arrêt pour le déjeuner dans l’anse de Verdensende, mouillage très recommandé par les équipages précédents ; puis la pêche continue en tirant des bords dans la brise de secteur Sud qui s’est enfin levée jusqu’au mouillage exceptionnel du petit archipel de Svenner, bien marqué par un phare en fonte construit en 1900.

Pause déjeuner dans les rochers proches de Verdensende


Vues de Verdensende



Un phare antique à Verdensende : le panier d'acier au bout de la bascule porte des braises incandescentes qui éclairent la nuit !









Verdensende, niché dans des îles de roches érodées par d'anciens glaciers

Le site est admirable et sa contemplation distrait le skipper qui manque de très peu de percuter un rocher au ras de l’eau placé en plein milieu de la passe d’entrée pourtant bien marqué sur la carte …. l’alerte vigoureuse de Jacques nous le fait éviter de justesse, nous le frôlons ! Ouf ! L’incident est vite oublié quand nous nous amarrons le long d’un rocher de l’anse très étroite qui constitue un abri parfait. Courte balade de l’équipage à terre pour se dégourdir les jambes avant de déguster le soir la pêche du jour : deux excellents maquereaux par équipier, la vie est belle !


En route vers Svenner




Arrivée à Svenner qui porte un phare remarquable en fonte datant de 1900


Amarrage sur le rocher à Svenner



... et re-baignade-plongée le lendemain matin 


Nouveau départ vers l'archipel de Kragerø

 

Mercredi 19 août ; nos journées vont suivre le même programme jusqu’à notre arrivée à Kristiansand : belles journées ensoleillées, pas beaucoup de vent, appareillage pas trop tôt le matin, pêche des maquereaux, arrêt au moment du déjeuner dans un mouillage à l’abri des rochers puis poursuite de notre cabotage côtier jusqu’au joli mouillage forain du soir, suffisamment tôt pour apprécier le ti’punch ou le petit rosé du soir avant un bon dîner concocté par nos talentueuses équipières et enfin parties de ‘’UNO’’ ou de ‘’10.000’’ aux dés avant de dormir dans un cadre de rêve. 


Mouillage dans l'île Stushl, archipel de Kragerø

Vues de Stushl









Vues de Rauame






Alfred au mouillage de Rauane

Aujourd’hui, quittant Svenner, ce sera l’archipel de Kragerø, un labyrinthe d’îles et de gros rochers très accores, qui nous offre une salle à manger au creux de l’île Stushl le temps du déjeuner avant une magnifique soirée au cœur des rochers des îles de Rauame.

 









Vues de Lyngør







 

Nous repartons un peu plus tôt le lendemain 20 août pour atteindre Arendal à 40 milles plus au Sud. Déjeuner-sieste dans une anfractuosité de l’île Lyngør à mi-chemin puis chenalage à l’intérieur des îles avant d’atteindre pour la nuit un mouillage au fond de l’anse très encaissée de Færvigkilen proche de la ville très active d’Arendal, bien à l’abri du bruit et des lumières.

 


Arrivée dans le canal étroit qui mène à Arendal








Nous approchons de Kristiansand et ce vendredi 21 août est notre dernière journée de cabotage le long de cette merveilleuse côte du SE de la Norvège que nous avons visitée avec un temps idéal ! Après un appareillage un peu plus tôt que les jours précédents, la navigation côtière se déroule conformément à notre agréable routine : déjeuner à l’abri des roches de l’île Klubbl puis louvoyage pour atteindre un corps-mort dans une petite anse du fjord de Kristiansand, proche de la ville.







Pause-déjeuner dans les rochers de Klubbl







Kristiansand le 22 août : c’est le rendez-vous d’une relève partielle d’équipage avant de traverser la Mer du Nord. Nous nous amarrons vers dix heures dans la marina d’Austerhavn à Kristiansand pour embarquer Olivier, le mari de Marie qui arrive d’Oslo en train ; Jean débarque pour rentrer à Paris, ainsi que Marie qui part pour un petit périple entre Stavanger et Bergen – elle aura juste le temps d’embrasser son cher époux au passage… Le temps de quelques courses de vivres frais, de faire les pleins d’eau et de gazole et de déjeuner, nous sommes prêts à ré-appareiller vers 15 heures pour notre traversée, 470 milles jusqu’à Dunkerque ou 600 milles si nous atteignons le Havre.

 

En route vers Kristiansand


Dernier mouillage forain à proximité de Kristiansand




La météo est favorable pour cette traversée : un flux de vent bien soutenu de NNW pendant la première partie, puis une bascule à l’ENE aux approches de la Manche : on aurait pu craindre une traversée au près, ce ne sera pas le cas, ce sera au contraire du grand largue pendant quatre jours, le temps d’arriver à destination.


Arrivée à Kristiansand





µ

Une dernière glace sur le port avant de partir, Olivier vient d'arriver, Marie nous quitte

Après une sortie au moteur puis toutes voiles dehors, nous sommes cueillis à la sortie du fjord de Kristiansand par une forte brise de 30 nœuds et nous réduisons la toile : grand-voile à 2 ris et trinquette. Dans la nuit, le vent se renforce jusqu’à 40 nœuds dans les rafales et le pilote a un peu de mal à tenir le cap dans la mer qui devient forte mais sans déferler ; les estomacs, eux aussi, sont un peu éprouvés jusqu’au lever du jour. 

Olivier, embauché dès son arrivée à bord

Sortie du fjord de Kristiansand, en route vers la Mer du Nord !




Jusqu'à présent, tout va bien ....

... mais ça va se gâter !!!

Après un sommeil perturbé, l’équipage reprend vie le matin du dimanche 23 août, le vent mollit un peu dans l’après-midi et nous pouvons renvoyer toute la toile avant la nuit. 160 milles parcourus pendant les premières 24 heures !




 La nuit du 23 est beaucoup plus sereine au grand largue dans une mer qui se calme progressivement puis le vent bascule en mollissant au petit matin pour quelques heures de moteur. Quand nous arrivons le 24 en fin d’après-midi au large de la Frise néerlandaise, au moment où nous traversons un grand champ d’exploitation de pétrole offshore, le vent s’établit de secteur ENE et nous filons vers Dunkerque sous grand-voile et génois dans un trafic maritime de plus en plus dense à l’approche de la Manche.

Traversée des champs pétroliers offshore de la Mer du Nord


La journée du 25 est triomphale, d’abord au grand largue à 7 nœuds, nous fonçons vers le Pas de Calais que nous franchissons en fin d’après-midi plein vent-arrière, génois tangonné  sur bâbord. Le rail est franchi pendant la nuit où nous avons le privilège de croiser le Belem, splendide toutes voiles dehors, avant d’arriver le 26 août dans l’après-midi au Havre : une magnifique traversée de la Mer du Nord, plus de 600 milles parcourus en quatre jours à 6,2 nœuds de moyenne : bon cheval !

Une voile à l'horizon !
C'est le Belem qui nous accueille !

L'équipage devant Etretat