
Pendant que Catherine part faire quelques courses de
pain et légumes frais le jeudi matin, Pierre nous donne un dernier coup de main
pour les derniers pleins d’eau et gazole et nous largue les amarres pour un
appareillage à 10 heures vers Flessingue,
en Hollande sur l’embouchure de l’Escaut à 55 milles au NE. Navigation un peu
sportive mais rapide, sous grand-voile et génois au petit largue d’abord, puis
sous trinquette quand le vent commence à refuser devant Zeebrugge où les estomacs sont un peu sollicités… Petit moment
d’émotion près des grands môles de Zeebrugge
quand nous apercevons soudainement à 20 mètres devant notre étrave une grosse
épave flottante de cinq mètres de long, apparemment ancrée sur le fond, non
indiquée sur la carte mais marquée par une bouée cardinale nord négligée par le
skipper… saura-t-il garder la confiance de son équipage après cette
gaffe ? Après cette journée fatigante et surtout très froide, nous
franchissons notre première écluse – il y en aura beaucoup d’autres par la suite
- nous nous réconfortons le soir dans une petite marina fluviale en faisant
sauter le bouchon d’une bonne bouteille de champagne apportée par Christine et
Philippe. Gros dodo avant d’entamer demain notre voyage fluvial à travers les
Pays Bas.
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| Départ vers les canaux de Hollande |
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| Middlelburg |

Notre première journée le vendredi 15 mai dans la ‘’Staande Mastroute’’ – qui permet de
traverser avec son mât (tirant d’air max = 18,5m) la Hollande du sud au nord
par un complexe réseau de canaux et bras de fleuves – avec sa succession de
multiples écluses et ponts en tous genres (ouvrant, levant, basculant…), est
une expérience nautique nouvelle et originale. Partis à 10 heures de
Flessingue, nous traversons dans la matinée la langue de terre qui sépare
l’embouchure de l’Escaut du vaste delta du Rhin : cinq ponts en passant
par Middelburg avant d’arriver à
l’écluse de Veere qui débouche dans
la Veerse Meer, ancien bras du Rhin.
Dans l’après-midi, nous poursuivons une navigation fluviale sous génois seul,
interrompue par le passage de l’écluse de Zandkreek,
et nous réfugions le soir dans un petit port de Bruinisse, proche des importantes écluses de Krammer que nous franchirons le lendemain. Bilan de la journée, 31
milles parcourus pour moitié à la voile, 5 ponts et 3 écluses franchies.

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| Isabelle à la manœuvre |
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| La première péniche frisonne, nous en verrons bien d'autres après.... |
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| Nous trouvons refuge dans le petit port de Bruinisse avant de passer l'écluse de Krammer |
Cette première journée nous aura décomplexés par
rapport à ce genre de navigation : l’organisation des passages des ponts
et écluses est parfaite et bien coordonnée et nous savons comment l’approcher.
Après le passage de l’écluse de Krammer,
nous entrons samedi dans un large bras de l’estuaire du Rhin et de la Meuse. Le
trafic d’énormes péniches et de navires de mer y est intense et nous passons
assez près du Pont de Zélande qui
était le plus long pont d’Europe au moment de son achèvement en 1965. Une
grande partie de la journée se passe à la voile, tranquillement sous génois
seul et après le passage des écluses de Willemstad,
nous entrons dans la ‘’Vieille Meuse’’
avant d’embouquer l’étroit canal qui nous mène à Dordrecht où nous nous amarrons au centre-ville, le long des vieilles
maisons fleuries du XVII et XVIIIème siècles. Le temps est froid et
maussade, nous visitons l’immense et magnifique église proche de la darse où
Alfred est amarré avant d’aller nous réchauffer dans l’ambiance chaleureuse
d’un bar chaleureux où nous nous initions à la bière hollandaise, conseillés
par la clientèle très accueillante.

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| L'imposante écluse de Krammer |
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| L'arrivée à Dordrecht |
Petite balade en ville dimanche matin 16 mai dans Dordrecht par un temps beaucoup plus
clément – nous ne trouverons pas de messe dans ce pays protestant – avec en
particulier la visite de Huis Van Gijn toute proche de l’amarrage
d’Alfred : c’est une maison de ville du début XVIIIème, d’apparence
extérieure assez simple, mais splendide et immense à l’intérieur ;
possédée par un riche collectionneur, elle fut léguée en l’état à la ville sous
la condition qu’aucun bibelot où livre ne bougeât des nombreuses commodes et
vitrines, pour en faire un musée – un vrai régal.
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| L'église de Dordrecht... |
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| ... dont le sol est constitué de grandes et superbes pierres tombales |
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| no comment .... |
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| Chaleureuse soirée autour d'une pinte de bière locale dans un estaminet.... |
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| ... où l'on se fait des amis ... |
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| ... sous la protection du Seigneur ... !!! |
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| Couleurs du soir à Dordrecht |
Nous quittons Dordrecht vers midi pour un bref
chenalage de 6 milles jusqu’au petit bourg de Kinderdijk un peu plus au nord et trouvons un amarrage dans une
darse minuscule dans laquelle nous nous faufilons. C’est là, de l’autre côté de
la rive que l’on traverse en bac, que se trouvent les fameux moulins de Kinderdijk classés au patrimoine
mondiale de l’UNESCO : une image des Pays-Bas connue du monde entier. Nous
y passons l’après-midi à admirer cette enfilade de gigantesques moulins à vent,
les uns habités et deux d’entre eux aménagés en musées très didactiques où l’on
explique que ceux-ci servaient naguère à réguler les niveaux des eaux des
canaux. Une longue marche dont nous rentrons fourbus nous réfugier dans notre
havre minuscule à l’heure de l’apéro.
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| Vues de Dordrecht |
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| Début de balade autour des moulins de Kinderdijk |
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| Isabelle et Christine s'extasient en visitant l'habitat d'une famille de 12 enfants dans l'un de ces moulins |
Appareillage lundi matin 18 mai dès huit heures pour
rejoindre les canaux qui nous emmènent jusqu’à Gouda, la capitale hollandaise du fromage ; nous nous y
amarrons vers midi au cœur de la ville après avoir parcouru 16 milles et
franchi trois ponts-écluses et trois ponts : nous admirons la parfaite
organisation et coordination de la navigation fluviale du pays qui nous
permettent de passer ces obstacles avec le minimum d’attente. Longue balade
l’après-midi dans cette bourgade ancienne et charmante avant d’aller dîner le soir
au restaurant ‘Brunel’ – excellent ! – (en face du marché aux poissons) où
nous invite notre équipage avant que nos amis du Couëdic nous quittent le
lendemain pour rentrer à Lille.
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| Nouveau départ vers Gouda |
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| L'Arche de Noé égarée dans la Nouvelle Meuse |

La suite de notre pérégrination se poursuit donc à
quatre mais nous ne pourrons pas poursuivre notre route vers Amsterdam en passant par les
canaux : la voie du nord est en effet empêchée par deux écluses en avarie
et nous devons faire demi-tour vers Rotterdam
pour rejoindre Amsterdam par la mer. Philippe et Christine nous larguent
donc les amarres mardi matin un peu avant dix heures pour une longue journée,
d’abord 30 milles de moteur jusqu’aux passes de sortie du port de Rotterdam,
puis 30 milles de voile jusqu’à Amsterdam.
La traversée du port de Rotterdam qui s’étend sur presque 20 milles est
impressionnante d’activité et nous avons l’impression, nous faufilant parmi les
péniches mastodontes et les grands navires de mer, d’être le hérisson qui
traverse l’autoroute. Une fois sortis du port vers 16 heures, nous avalons à
8-9 nœuds la route vers Amsterdam avant de trouver notre amarrage dans le
marina de Ijmuiden qui se trouve à
l’ouvert du port au sud, immédiatement après les grands môles de l’entrée.
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| Arrivée à Gouda, accueillis par l'éclusière |
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| La grande halle de Gouda où étaient pesés les fameux fromages |
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| L'Hôtel de Ville de Gouda |
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| Plaques commémoratives des déportés du nazisme, scellées entre les pavés |
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| Nos amis nous offrent un somptueux dîner au 'Brunel' avant que Christine et Philippe nous quittent à Gouda |
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Traversée spectaculaire du port de Rotterdam avec son activité spectaculaire et ses bateaux gigantesques dont 'Orion', un impressionnant navire-grue, puissance de levage 5000 tonnes! |
Nous repartons de la marina d’Ijmuiden mercredi matin 20 mai dès après le petit-déjeuner avec
l’intention d’aller à Haarlem dont le
canal d’entrée se trouve à 6 milles en amont sur le Noordzeekanaal qui mène à Amsterdam,
afin de retrouver notre petite-fille Héloïse qui doit nous rejoindre, d’Utrecht où elle vit, pour passer la
journée. Les imposantes écluses sont passées rapidement mais nous trouvons
porte close - ou plutôt pont à bascule baissé – nous interdisant l’entrée vers Haarlem ; nous tournicotons une
heure devant ce pont fermé avant de comprendre qu’il est en avarie prolongée et
décidons de poursuivre directement vers Amsterdam.
Héloïse, avertie de ces péripéties, nous attend vers midi à la marina Sixhaven, en plein centre-ville, où nous
nous amarrons pour déjeuner. Jolie balade l’après-midi avec Héloïse au bord des
canaux de la ville historique qui nous mènent jusqu’à l’ancien arsenal de la
Compagnie des Indes qui héberge le beau musée de la Marine de cette grande
nation maritime.

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| Arrivée à Amsterdam, accueillis par Héloïse, notre petite-fille |
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| L'ancien Arsenal de la Compagnie des Indes devenu Musée de la Marine |
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| Bataille de Gibraltar en 1607: en 4 heures, la flotte néerlandaise anéantit le flotte espagnole |
Nous sommes à Amsterdam pour quelques jours mais nous
allons plutôt voir ses alentours car nous avions eu l’occasion de faire les
visites des musées lors d’un passage précédent il y a deux ans. Surprise en
arrivant, nous voyons dans la marina de Sixhaven,
amarré tout proche de nous, le ‘’Saint Liénard’’ de nos amis morbihannais
France et Hervé de Belloy, partis du Bono depuis le mois d’avril pour un
périple un peu semblable au nôtre qui les amènera jusqu’en Finlande, « La
Nouvelle Odyssée » (voir leur site www.lanouvelleodyssee.com).
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| Octogénaires en goguette |
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| Isabelle et Henry devant la gare d'Amsterdam |
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| Le ''Saint Liénard'' de nos amis Hervé et France de Belloy |
Première excursion donc jeudi
à Haarlem à une demi-heure de train
en partant de la gare centrale située sur l’autre rive du Noordzeekanaal, en
face de la marina. La promenade dans cette petite ville charmante au passé
prestigieux est délicieuse : la chaleur du soleil qui revient après ces 15
jours de froid et de vent a fait ressortir sur les places fleuries les tables
de bistrot et même les canapés…. On bronze sur les terrasses ! Nous sommes
particulièrement subjugués par l’immense Eglise
Saint Bavon, dont la construction a commencé au XIVème et devenue
temple protestant après la Réforme, et son gigantesque orgue (30 mètres de haut
et plus de 5000 tuyaux) sur lequel le jeune Mozart a joué à l’âge de dix ans.
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| Hervé et France de Belloy: initiation au matelotage sur textile dyneema |
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| Statue de Kenau, légendaire résistante contre les Espagnols durant le siège de Haarlem en 1573 (Guerre de 80 ans) |
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Vues de Haarlem
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| L'église Saint Bavon d'Haarlem.... |
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| ... et son grand orgue qui fut joué par le jeune Mozart âgé de dix ans |
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| La Cathédrale Catholique Saint Bavon (début XXème) porte le même nom que l'ancienne, convertie en temple en 1578 |
Deuxième escapade le
lendemain vendredi 22 mai, toujours en train et munis d’un piquenique, vers
Utrecht où Héloïse nous accueille ; elle est chez elle et nous guide dans
sa ville d’adoption. Nous flânons le long des canaux de la vieille ville
jusqu’à la Cathédrale Saint Martin d’Utrecht,
‘Dom van Utrecht’. Construite sur
trois siècles à partir du XIIème, la nef s’écroula en 1674 sous
l’effet d’une tornade ; il reste le chœur et le transept séparés du gigantesque
clocher, la ‘’Tour’’, magnifique qui s’élève 112 mètres, la plus haute des
Pays-Bas : La tour de la Cathédrale, Domtoren,
est un joyau de l’art gothique qui héberge dans son beffroi des cloches
monumentales dont la plus grosse, « Salvator », pèse près de 10 tonnes
et fut coulée comme les 13 autres en 1505 et à son sommet un carillon qui sonne
à plusieurs heures de la journée.
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| A Utrecht, Héloïse nous initie à la gastronomie hollandaise |
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| Héloïse et Grand-mère; au fond, la Domtoren, clocher de l'ancienne Cathédrale Saint Martin d'Utrecht ... |
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| ... devenue temple protestant après la Réforme... |
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| .... une passation qui ne s'est pas faite dans la douceur, à voir ces bas-reliefs défigurés. |
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| En 1674, la nef de Saint Martin a été détruite par une tornade ; depuis, le clocher (Domtoren) est séparé du transept. |
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| Salvator, la plus grosse cloche de la sonnerie de Saint Martin, 10 tonnes, coulée en 1505 |
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| Et son carillon, joué tous les jours. |
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| Vue du transept de Saint Martin du haut de Domtoren |
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| Dernière vue de la ville adoptive d'Héloïse |