mardi 9 février 2016

Archipel de Tinharé


Visite du palais impérial de Tsarskoje-Selo:  -26°C !

Mardi 19 Janvier nous faisons un bond de +60° Celsius vers l’hémisphère Sud : il y a quelques jours, nous étions à Saint Petersbourg, accueillis par Emmanuel et Caroline, il faisait -26°C sous un ciel superbe.… Nous retrouvons Alfred dans l’état où nous l’avions laissé il y a 5 semaines dans la Marina du Terminal Nautico à Salvador ; le ciel est couvert, mais il fait +35°C. Pendant ces vacances, nous avons pu revoir presque tous nos enfants et petits-enfants et fêter Noël à Kerbiren.

Session Skype entre Saint Petersbourg et la Trinite-sur-Mer
Occupation de Noël a Ker Biren : on deterre et on replante les Menhirs ailleurs
Par un temps tristounet sous un ciel complètement couvert et une pluie tropicale intense et continue, nous préparons  le bateau pour repartir : changement du vase d’expansion du circuit d’eau douce,  changement du disjoncteur 220V de l’alimentation électrique, pleins d’eau et chargement de la cambuse en fruits et légumes frais. Trois jours après notre arrivée, nous accueillons à l’aéroport nos amis nantais Minette et Fanchick Bureau et Didier Allain-Dupré (Hélène a dû malheureusement renoncer à venir pour accompagner son fils qui devait subir une opération). Nous restons le samedi 23 janvier pour absorber le « jet lag »de 4 heures et visiter le Pelourinho, le centre historique de Salvador avec ses 365 églises et ses nombreux couvents somptueux, dans l’ambiance de préparation du carnaval, les oreilles pleines des batucadas (orchestres de percussions) qui sillonnent les rues : une mise dans l’ambiance pour nos amis, accélérée par les caipirinhas qui rafraîchissent les gosiers et ouvrent l’esprit… Le poste d’amarrage d’Alfred au Terminal Nautico, au pied de l’ascenseur qui débouche immédiatement sur le Pelourinho dominant la baie 100 mètres plus haut, facilite pour nos amis ce premier contact avec le pays et la découverte de Salvador…

Decouverte du Pelourinho, la ville haute de Salvador: Dominique, Minette, Didier, Fanchick.
 
La ville aux 365 églises
Nous appareillons dimanche matin 24 janvier (après la messe, bien sûr, dans la belle église Nossa Senhora da Conceição située dans la basse ville à deux pas du bateau), cap au sud, vers l’archipel de Tinharé à 35 milles de la Baie de Tous les Saints. L’archipel est composé de trois îles principales, Tinharé, Cairú et Boipeba, séparées par des bras de rivières, navigables ou de très faible profondeur avec un marnage de moins de 2 mètres, bordées de très belles mangroves où parfois apparaissent des plages de sable blanc : nous allons explorer ce labyrinthe en mettant à profit le faible tirant d’eau d’Alfred dérive haute (80 cm).
Itinéraire de la croisière, entre la baie de Salvador et l'archipel de Tinharé
Entre deux manœuvres, Fanchick croque...
Vue de l'Elevador et du Pelourinho depuis le Terminal Nautico
Nous arrivons après 18 heures, à la nuit tombée, au mouillage de Morro de São Paulo, station balnéaire située au nord de Tinharé où les Bahianais se précipitent chaque  fim de semana pour faire la fête ; heureusement, nous arrivons dimanche soir et espérons un mouillage tranquille devant la ville de Gamboa, un peu plus au sud sous le vent de l’île.
Départ en croisière: Champagne!
Minette et Fanchick devant le porte du debarcadère (XVIIeme siecle) de Morro de Sao Paulo
Piscines naturelles des plages de Morro de Sao Paulo, sur la côte au-vent de l'île de Tinhare
 Le lendemain, après avoir rapproché le bateau de la côte, nous débarquons en annexe pour explorer les  plages de la côte au-vent, les « cinq plages » où vient s’amuser la jeunesse bahianaise. Même en semaine, il reste une grande animation sur ces plages et nous passons la journée entre déjeuner dans une gargote et baignades dans les piscines naturelles. En rejoignant le bateau en fin d’après-midi, une ‘’presque catastrophe’’ nous attend : pendant que nous nous prélassions sur les plages, la mer a monté et nous avons beaucoup de mal à rejoindre l’annexe que nous avions laissée amarrée à un tronc d’arbre en haut d’un bout de plage ; après avoir crapahuté dans les rochers, car le bout plage a disparu, nous retrouvons d’abord un aviron, puis l’autre et enfin parvenons à la nage jusqu’à l‘annexe battue par le ressac, retournée et drossée sur les rochers. Heureusement, la catastrophe n’est pas systématiquement la sanction de la bêtise du marin et Notre-Dame de Bon-Port continue de veiller sur Alfred : l’annexe est intacte mais nous avons eu chaud… Nous quittons Morro de São Paulo et allons mouiller à 4 milles plus en amont, devant le village de Bom Jardim, sur la rivière de São Paulo.
Fanchick immortalise le presque-naufrage de l'annexe...
No comment!
Le lendemain, commence l’exploration des bras de rivière de l’archipel de Tinharé : c’est d’abord la remontée du canal de Taperoa jusqu’à la petite ville de Valença où, échoués, nous nous arrêtons pour déjeuner et visiter les chantiers navals traditionnels où sont construits les saveiros (bateau de fret à voile) et les escunas (goélettes à moteur au bout-dehors gigantesque soutenu par un guibre très élancé)  qui sillonnent la baie de Salvador.

Didier, Catherine et Fanchick devant des saveiros en construction à Valença
Escuna en construction.
Didier et Fanchick à Valença
Nous poursuivons ensuite notre exploration en contournant l’île de Tinharé jusqu’au petit village de Cairú sur l’île du même nom et qui est, dit-on, le premier village brésilien construit par les Portugais en 1501. Le village est charmant et possède deux églises dont celle du très beau Convento de São Francisco, troisième monastère du Brésil, construit en 1654.

Arrivée à Cairu
Le Couvent Saint François de Cairu
 Après la nuit, nous embarquons Andrei, un pêcheur de Cairú, qui nous pilote dans un chenalage difficile dans la mangrove pour accéder jusqu’à la mer, par le Rio Cairú puis par le Rio do Inferno qui débouche sur une barre donnant sur l’océan entre Tinharé et Boipeba. Nous admirons le savoir-faire d’Andrei qui nous fait sillonner dans ce dédale entre les bancs de sable sans aucune visibilité tant l’eau est trouble, en grattant le fond à plusieurs reprises avec un fond parfois de seulement 1 mètre : Alfred est vraiment le bateau idéal pour ce genre d’expédition où le risque est grand de rester planté dans une vasière pour y passer la nuit… Ce ne sera pas notre sort et nous arrivons mercredi 27 à 10h30 au mouillage de Velha Boipeba, au Nord de Boipeba à la sortie du Rio do Inferno, dans un lieu magique, devant la barre de bancs de sable que nous aurons à franchir demain pour regagner la Baie de Salvador à 30M au Nord.

Chenalage dans le Rio Inferno sous la conduite experte d'Andrei
Village de pêcheurs sur le Rio Inferno

Arrivée au port de Velha Boipeba
Vue de la barre d’entrée du Rio Inferno

 Nous passons la journée à nous promener le long des plages de Boipeba, jusqu’à rejoindre la plage de Moréré où nous retrouvons Françoise et Dominique Segard, des amis de Lisbonne qui ont créé là un magnifique hôtel de 18 paillotes surplombant la plage. Nous dînons avec eux dans leur hôtel avant de regagner Alfred sous la pleine Lune.

Minette sur la plage de Boipeba
Vue de la plage de Morere depuis l'hôtel de Françoise et Dominique Segard
Vie sauvage et repas frugal...
Minette prépare le Carnaval
Fanchick et Minette

Appareillage le lendemain matin au petit jour, vers 5 heures du matin 1 heure avant la pleine mer, pour franchir en toute sécurité la barre, puis cap vers Salvador pour une bonne journée de mer. Nos princesses, Catherine et Minette attendent que leurs trois chevaliers servants aient préparé le thé et les toasts (grillés à point et craquants à l’extérieur mais bien moelleux et tièdes à l’intérieur) pour daigner faire leur apparition sur le pont…
 
Belle journée de navigation pour revenir dans la Baie de Tous les Saints.



Belle navigation au large d’Itaparica pour remonter vers la baie de Tous les Saints et arrivée à la nuit, après 65 milles, au mouillage à l’abri de l’île de Monte Cristo dans la rivière de Paraguaçu où nous nous étions déjà arrêtés en décembre avec l’équipage de la transat.  Le lendemain vendredi 29 janvier, nous remontons la rivière pour débarquer au Convento de Santo Antonió dans le village de São Francisco de Iguape ; malheureusement, le monastère est en travaux et nous ne pourrons faire la visite qui avait enthousiasmé l’équipage en décembre. Il reste quand même la situation remarquable de l’ensemble, face au fleuve avec son escalier monumental descendant jusqu’à l’eau, très évocatrice de l’œuvre des Jésuites des XVIIème et XVIIIème siècles et rappelant le film ‘’Mission’’.

Alfred au mouillage devant le monastère Saint Antoine
Le mouillage de Bom Jesus, entre les îles Monte Cristo et Frades
Salvador vu de la côte au-vent d'Itaparica
Retour vers Salvador de Bahia

Une dernière nuit dans le charmant mouillage de Bom Jesus qui avait été notre premier mouillage au Brésil en décembre, et il est temps de regagner la Marina de Salvador où nous arrivons le samedi 30 janvier à 17 heures, car nos amis repartent le soir même. Minette, Fanchick et Didier nous quittent ; c’était la première fois qu’ils venaient partager notre vie sur Alfred et nous espérons que cette croisière au Brésil leur donnera un goût de revenez-y, par exemple l’année prochaine aux Antilles, et que cette prochaine fois Didier nous fera la bonne surprise d’emporter Hélène dans son sac de marin.
 
Minette au mouillage de Bom Jesus
Le Queen Mary II en escale a Salvador de Bahia
Équipage au complet sur la plage de Morere, île de Boipeba
Minette

dimanche 6 décembre 2015

Escale à Fernando de Noronha - - - - - - - - - Arrivée dans la ``Baie de Tous les Saints``

Fernando de Noronha


Arrivée à Fernando au petit jour
Cette île a donné la postérité au commanditaire portugais de l’expédition du dernier voyage d’Amerigo Vespucci en 1503, Amerigo qui le premier aura eu l’intuition que les terres découvertes par Christophe Colomb était un ‘’nouveau monde’’, alors que Colomb jusqu’à sa mort s’obstinera dans l’erreur que les terres de Cuba et Hispaniola qu’il avait découvertes étaient respectivement la Chine et le Japon…


Trois jours d’escale dans ce petit bijou de 5,5 milles de long sur 1,5 mille de large prolongé par quelques îlots et dominé par le Morro do Pico, pain de sucre spectaculaire de 323 mètres de haut visible de toute l’île. Fernando de Noronha, située à 190 milles de la côte brésilienne et balayée presque toute l’année par les alizés du Sud-Est, a servi de bagne pour les prisonniers de droit commun pendant deux siècles, puis de prison politique pendant quatre ans de 1938 à 1942 avant d’être rendue à la nature.

Fernando de Noronha au temps du bagne
L’ancien palais du gouverneur
Entre temps, elle avait servi de point d’atterrissage à l’Aéropostale, de base relai pour les hydravions de la compagnie Air France et, dernièrement, de station de télémesure américaine pour les tirs de Cap Canaveral. Aujourd’hui, l’île est devenue un parc national du Brésil, abrite 4000 habitants et quelques 400 touristes dont beaucoup de jeunes couples en Lua de Mel

Le village vu du fort de Remedios

Le mouillage de la baie de Santo Antônio


Alfred est arrivé au petit matin du lundi 23 novembre, accueilli par un temps de novembre en Bretagne : ciel bas couvert, vent et crachin breton. Heureusement ce temps couvert s’est vite dissipé et le ciel dégagé des alizés du SE avec son vent généreux s’est vite rétabli.

La baie Sueste

Côte NW à contre jour
 Après avoir mouillé l’ancre au plus près de la côte dans la Baia de Santo Antônio, en face du petit môle réservé aux embarcations de tourisme et à l’approvisionnement de l’île, et pendant que Jean-François, Daniel et François partent en exploration au village, nous allons faire nos démarches d’entrée au pays à la petite capitainerie qui surplombe le môle. Nous sommes vite rassurés sur un point qui nous inquiétait : la durée maximale de séjour indiquée dans un document que nous n’avions pas eu le temps de lire et selon lequel nous ne pouvions pas rester plus de trois mois : cela mettait par terre le programme dans lequel nous avons engagé nos amis jusqu’en avril prochain et nous étions très inquiets…. Heureusement, il n’en est rien : Alfred pourra rester au Brésil le temps prévu et quant à nous, nos visas sont valides 3 mois et nous pourrons les renouveler.

Les rochers des Dois Irmãos (Deux Frères) sur la plage de Cacimba do Padre

Praia dos Porcos

Les autorités (police fédérale, capitainerie, responsables du parc national) sont extrêmement  complaisantes ; elles nous aideront même à résoudre nos petits problèmes techniques pendant l’escale (révision du moteur hors-bord de l’annexe, réparation d’un coulisseau de grand-voile) qui seront réparés contre un simple sourire.

Devant l’église du village Villa dos Remedios

La bière du Brésil : SKOL !

Daniel
 Pendant ce temps, Jean-François a loué un buggy, moyen de locomotion de l’île, avec lequel nous allons explorer pendant deux jours le village qui abritait l’ancienne place forte et les locaux de l’ancien bagne ainsi que les jolies plages de l’île : praia dos Cachorros, praia da Conceição, praia do Boldró et praia Cacimba do Padre avec ses deux rochers spectaculaires Dois Irmãos (les Deux Frères), et la praia dos Porcos, balades entrecoupées de pauses déjeuner et dîner dans les gargotes…

Francois et Jean-Francois : Oser l’aventure culinaire !

L’excellent café  du Brésil
Le moyen de locomotion sur l île, buggy ou biclyclette : nous avons choisi le Buggy
Dominique, Jean-Fran¢ois, Catherine, Daniel
On se connaît depuis la croisière sur Cassiopée en juin 1970 : 45 ans !




L’île est très préservée (nous n’étions que deux bateaux de plaisance au mouillage) et la fréquentation des touristes, brésiliens pour la plupart, est contingentée et soumise à une taxe écologique importante ; les accès des plages sont contrôlés et la pratique de la plongée est très encadrée. Fernando de Noronha est, dit-on, un des sites de plongée les plus beaux d’Amérique du Sud.

Farniente sur la plage de Boldro

Rocher en équilibre





Fran¢ois

Gérard, Catherine, Dominique

Après ces deux jours de grand repos, nous nous préparons pour un départ mercredi soir : formalités de sortie et courses de fruits et légumes frais dans la petite supérette du village. Comme nous nous en doutions, l’approvisionnement en eau douce n’est pas possible et nous nous félicitons d’avoir été si économes depuis notre départ de Mindelo le 12 novembre : en 13 jours, nous n’avons pas encore vidé le premier réservoir de 200 litres d’Alfred (ce sera fait le lendemain) ; en continuant d’être rigoureux (douches et vaisselle à l’eau de mer) nous serons autonomes jusqu’à Salvador de Bahia.

Gérard
Deux frères et les Dois Irmãos

Dois Irmãos et le Morro do Pico



Jean-Fran¢ois
 Nous appareillons de notre mouillage de la baie de Santo Antônio vers 17 heures et longeons la côte sous le vent pour profiter encore de cette île charmante avant de prendre la route vers Salvador au soleil couchant mais éclairés par la pleine Lune, pour une traversée d’environ 700 milles.

Traversée Fernando - Salvador : 700 milles sous la Pleine-Lune

Traversée de Fernando à Salvador de Bahia

Une traversée sans histoire… les 685 milles entre Fernando de Noronha et l’entrée de la Baie de Salvador sont avalés par Alfred en un peu plus de cinq jours, à la vitesse moyenne de presque 6 nœuds. Au départ, l’alizé de SE portant au petit largue adonne progressivement jusqu’à la moitié de la route jusqu’à devenir parallèle à la côte, c’est-à-dire NE, à partir de la hauteur de Recife, Alfred dévalant vers Salvador à 40 milles de la côte à 7 nœuds.

Festival de dauphins

L’équipage au poste d’admiration

Belle navigation pendant ces cinq jours, avec la succession régulière des quarts de nuit éclairés par une généreuse pleine-Lune, les repas délicieux tous conclus par un dessert de bananes flambées (il faut bien que Catherine arrive à écluser les deux régimes achetés à Mindelo - 45 kilos, une belle affaire !), l’odeur du fournil à l’heure du pain tous les matins (mais la pêche… bredouille !), des rencontres régulières avec des cargos croisant au large et surtout un spectacle magnifique le troisième jour avec une bande d’une centaine de dauphins qui accompagnent Alfred pendant plus d’une heure en lui faisant la fête, un festival de sauts et de cabrioles autour de nous.

L’odeur du fournil

Gérard méditatif au coucher du Soleil


Arrivée à Salvador de Bahia


Arrivée au Brésil : Baia de Todos os Santos

Nous arrivons enfin au large de Salvador de Bahia le lundi 30 dans la matinée et nous nous présentons vers 15 heures devant l’entrée de la Baie de Tous les Saints, entre la ville de Salvador et l’île d’Itaparica qui ferme la baie en face. La ville est imposante avec ses hautes tours qui surplombent la baie et nous faisons une petite reconnaissance des différentes marinas où nous pourrons amarrer Alfred dans quelques jours.

Le Terminal Nautico devant l’Elevador de Lacerda qui mène à la ville haute
Nous avons décidé en effet de ne pas faire tout de suite notre entrée à Salvador, mais de profiter du temps disponible pour faire une petite croisière de quelques jours dans la baie avant de revenir pour un amarrage définitif le 3 ou 4 décembre, au moment de la fête de Sainte Barbe, patronne des bombeiros  (pompiers). Le premier soir, nous trouvons un joli mouillage au nord de la baie blotti entre l’Ilha do Frade et l’Ilha do Bom Jesus, à temps pour une baignade avant un très beau coucher du Soleil sur les cocotiers qui nous entourent. Le lendemain, après une balade dans le village de Bom Jesus, le temps d’acheter des langoustes, nous appareillons pour traverser la baie jusqu’à l’île d’Itaparica au Sud-Ouest.

Nossa Senhora de Loreto, au Nord de l’ilha do Frade
Première baignade après la traversée, au mouillage de Bom Jesus
 
Un saveiro au petit matin (bateau de fret de la baia)
Itaparica est une île de villégiature où les habitants de Salvador adorent passer la fim de semana. En semaine, le village d’Itaparica est très calme et l’on est sûr de trouver une place au ponton de la petite marina. Nous y passons la soirée où nous faisons la connaissance de Francisco, un Français parti il y a huit ans de Marseille pour un tour du monde qui s’est (provisoirement?) interrompu ici, dans la douceur de Bahia ; il nous donne quelques informations précieuses sur la vie quotidienne et les beaux mouillages de la baie. Le soir, nous savourons les délicieuses langoustes préparées par Gérard.

Le fort de São Louren¢o qui garde l’entrée sud de la Baia


Pêcheurs à l’épervier, au coucher du soleil à Itaparica

Après une nuit calme, nous appareillons mercredi 2 décembre en début d’après-midi pour remonter le Rio Paraguaçu, le fleuve le plus important qui se jette dans la baie et dont l’embouchure est située à 5 milles au Nord. Ce ‘’Rio’’ est un fleuve imposant de 1 mille de large, hydrographié  jusqu’au Convento Santo Antônio à une douzaine de milles en amont. Nous mouillons dans l’après-midi dans un petit bras de la rivière entre l’Ilha do Monte Cristo et l’Ilha do Arromba où Francisco nous a dit avoir vu des groupes importants d’ibis rouges : nous ne verrons pas les ibis rouges mais passerons une magnifique nuit au calme au milieu des palétuviers.

Promenade sur l’Ilha do Arromba
Alfred au mouillage devant Arromba

Nous repartons le lendemain matin pour remonter le fleuve jusqu’au Convento Santo Antônio. Nous découvrons ce couvent, construit par les Jésuites au XVIIème siècle, d’où ils ont été chassés et remplacés par des franciscains au moment de la traque des jésuites par le Marquis de Pombal en 1750. C’est un édifice magnifique dominant le fleuve, une ambiance rappelant le film « Mission »; l’église, intacte, est toujours tenue par un prêtre belge, mais où ne restent que des vestiges importants d’un couvent qui devait avoir un grand rayonnement : réfectoire, cuisine, chapitre, cloître, dortoirs, infirmerie, etc. … et même prison pour les esclaves récalcitrants. Au moment où nous débarquons nous assistons au spectacle pittoresque des villagois, hommes, femmes et enfants, remontant une grande senne le long du rivage ; nous allons les admirer et leur achetons deux belles espadas qui feront notre déjeuner.



Le fort de Salamine qui garde le village de Maragogipe sur le fleuve Paragua¢u
Convento de Santo Antônio à São Francisco construit par les Jésuites au XVIIème siècle


Espada

Azulejos importés de Lisbonne

L’équipage sur le parvis du couvent

Nous passons un bon moment à visiter le Convento et repartons enfin vers Salvador de Bahia distant de 35 milles environ. Nous y arriverons au coucher du Soleil et trouvons une bonne place au ponton du Terminal Nautico, la marina municipale de Salvador, où Alfred restera stationné jusqu’au mois de Janvier, au pied de l’Elevador, cet ascenseur construit en 1875 qui joint le port à la ville haute ancienne qui domine la baie 100 mètres plus haut.

Bahianaises

Capoeira

Fran¢ois et Dominique

Tous les Bahianais sont en rouge pour fêter Santa Barbara

Batucada de filles
Le béguin de Gérard

Une batucada devant la Cathédrale


Notre première partie de périple s’achève et l’équipage de la transat, qui reprend l’avion le 8 décembre, va découvrir cette ville étonnante de Salvador de Bahia et nous allons nous promener dans les rues en liesse du vieux quartier du Pelourinho  résonnant de la samba et des percussions des batucadas qui célèbrent la Santa Barbara.

Alfred amarré au Terminal Nautico.