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| L'équipage au départ de la Trinité: Pierre, François, Dominique |
Dimanche 3 mai. Alfred est au « ponton
visiteurs » de La Trinité, prêt à partir à l’aventure sur les traces des Vikings. Alfred vient de passer un mois au sec sur le terre-plein de la darse
nord à se refaire une beauté : les œuvres vives sont ‘’nickel’’ et la
coque, passée au polish est bien
blanche, comme elle ne l’a pas été depuis longtemps. L’installation électrique
intérieure a été révisée et fonctionne, le mouillage a été changé (50 mètres de
chaîne neuve) et, nouveauté, une caisse à eaux noires, obligatoire dans les
pays du Nord, en particulier aux Pays-Bas, est installée dans le placard à
cirés des toilettes ; il faudra désormais faire sécher nos vestes de quart
autrement… Alfred est prêt ! Petit doute cependant sur l’état du pilote
principal d’Alfred : il avait donné des signes de faiblesse à la fin de
l’été avec des pannes aléatoires ; les essais du pilote qui fonctionnait
très bien avant départ n’ont pas permis d’identifier l’origine de ces pannes
aléatoires… touchons du bois et puis nous avons le pilote de secours attelé à
la barre en cas de panne.
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| Les Marchais nous accompagnent jusqu'à la Teignouse: Catherine, Chantal, Rodolphe |
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| Un départ dans la pétole |
Dîner de veille d’appareillage le soir à Kerbiren avec
François et Gaëlle Fleith ainsi que Rodolphe et Chantal Marchais pour que
l’équipage du trajet LaTrin’-Dunkerque fasse connaissance, François, Pierre et
Dominique : François a partagé avec nous,quand il était sur Aria de François Biette, une navigation au Sine Saloum et
en Casamance en 2023 et je suis heureux de revivre une navigation avec Pierre
après avoir été son matelot sur Ambrym lors de notre mémorable traversée
Thaïlande-Turquie l’année dernière.
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| Départ de l'anse de Penhir en passant par les Tas de Pois |
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| Douce soirée à l'Aberwrac'h |
Appareillage donc le lundi à 11 heures ; Rodolphe
et Chantal embarquent Catherine sur leur bateau à moteur pour nous accompagner jusqu’à
la Teignouse. La Baie de Quiberon est traversée au moteur dans la pétole et
nous pouvons hisser les voiles à la hauteur des Birvideaux pour un louvoyage le
long de la côte pendant la journée. La brise adonne au niveau des Glénans et
Penmarc’h est dépassé vers minuit sur le même bord, ce qui nous permet
d’attraper la fin du flot au Raz de Sein peu après 4 heures du matin. Nous allons
nous réfugier en début de matinée à l’abri de l’anse de Penhir, au bout de la
Presqu’île de Crozon pour attendre la prochaine renverse du Chenal du Four.
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| Arrivée à Ploumanach |
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| Promenade dans les rochers roses |
Dans la matinée, nous avons la visite de Katrina et
Olivier Noël, équipiers réguliers d’Alfred, qui viennent nous faire un petit
coucou sur la plage de l’anse de Penhir depuis leur maison voisine de
Lostmarch. Nous repartons en début d’après-midi et, après un passage entre les
Tas de Pois, nous embouquons le Chenal du Four jusqu’ l’Aberwrac’h où nous
mouillons à l’heure de l’apéro.
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| La plage de Saint Guirec |
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| Couleurs du soir à Ploumanac'h |
Nouveau départ le mercredi 6 mai avant 8 heures de
l’Aberwrac’h, cabotage le long de l’Île Vierge puis à l’intérieur des chenaux
de l’Île de Batz et enfin le long de la côte de granit rose, avant d’aller
trouver refuge dans le port de Ploumanac'h. Promenade en fin d’après-midi le
long de la côte dans le chaos des superbes et gigantesques rochers, jusqu’à la
niche où Saint Guirec veille depuis le VIème siècle sur les marins
et accueille les jeunes femmes en espérance d’enfant qui viennent pour cela lui
chatouiller le nez.
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| Mouillage dans la Corderie de Bréhat; Alfred à droite |
Courte navigation le lendemain entre Ploumanac’h et
l’île de Bréhat en contournant le Sillon de Talbert et arrivée vers 14 heures,
bien à l’abri dans le mouillage de la Corderie. Nous profitons d’une belle
après-midi dans ce petit paradis qu’est Bréhat, encore préservé à cette
période de l’invasion des touristes, en faisant une longue promenade.
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| Promenade à Bréhat |
L’étape suivante est sujet à débat dans
l’équipage : avons-nous le temps de faire étape dans les îles Anglo-Normandes,
à Sark par exemple, ou devons-nous poursuivre la route plus avant ?
Finalement, compte tenu de la météo et d’un coup de vent de NE annoncé dans deux
jours, nous décidons de contourner directement la péninsule du Cotentin pour
nous rapprocher davantage de notre destination finale, Dunkerque. Nous décidons
donc d’une étape plus longue avec une nuit, voire deux en mer ; les
Anglo-Normandes sont dépassées vers 20 heures en embouquant le passage entre
Guernesey et Herm puis le Raz Blanchard vers 2 heures du matin le 9 mai. Le
passage de la pointe du Cotentin est beaucoup plus laborieux, nous louvoyons
toute la matinée le long de la côte en nous aidant du moteur pour lutter contre
les courants contraires et dépassons enfin la pointe de Barfleur vers 14
heures. |
| La plage de galets de Fécamp |
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| Le Palais Bénédictine ... |
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| ... que l'on déguste |
Le pilote, qui avait parfaitement fonctionné jusqu’alors,
commence alors à nous faire défaut avec des décrochages inopinés et
aléatoires : les mêmes symptômes que ceux constatés à l’automne dernier et
que nous n’avons pas pu identifier lors de la préparation d’Alfred. Pour
couronner le tout, le pilote de secours, qui marchait parfaitement avant le
départ, part en ‘’distribile’’ (expression brestoise) : pour une raison
inexpliquée, la couronne d’entraînement de la barre s’ouvre en deux et toutes
les billes de roulement tombent au fond du cockpit avant de partir à
l’eau ; nous récupérons 4 billes sur les 21. Nous poursuivons la route
vers Fécamp avec un pilote malade et une brise qui se renforce et y arrivons
enfin à 2 heures du matin sous trinquette et grand-voile à 2 ris par forte
brise et pluie battante.
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| Les voiliers-cargo de l'armement TOWT, TransOceanic Wind Transport, en liquidation judiciaire, attendent un nouveau départ |
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| Vue du magnifique ''Musée les Pêcheries'' de Fécamp |

Nous sommes bien contents d’être à l’abri dans le port
de Fécamp avec le temps de cochon de ce dimanche 10 mai. Après un bon sommeil
réparateur et le p’tit-déj qui suit, nous nous attelons à deux tâches :
trouver un chaudronnier pour renforcer le portique arrière qui sert de bossoir
pour l’annexe et dont un portant commence à se fissurer (mais nous sommes
dimanche…) – ensuite, entreprendre une recherche systématique de l’origine des
pannes aléatoires du pilote. Pierre s’attèle à cette dernière tâche avec sa
double compétence d’ingénieur et d’électricien et arrive à identifier l’origine
probable de la panne : la rotule qui relie le vérin de pilote à la barre
est fortement grippée et la boule de rotule est brisée en trois morceaux, il
faut changer la pièce. Ceci explique le caractère aléatoire de la panne de
pilote : si la rotule se bloque inopinément, cela provoque une surtension
dans la commande du vérin et le pilote décroche - CQFD. Les deux réparations
sont à faire mais nous sommes néanmoins très satisfaits de cette découverte car
le problème aurait pu compromettre la suite du programme d’Alfred et nous
profitons de l’après-midi pour une courte découverte de Fécamp par ce temps
maussade avec un passage obligatoire par le ‘’palais’’ de la Bénédictine.
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| Vue de la falaise de Fécamp ; au loin, Etretat |
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| L'Abbatiale de Fécamp |
Dès lundi matin les problèmes sont en voie de
résolution : un mécanicien-soudeur talentueux, Brice Vandewoestyne, vient
à bord et repassera le lendemain à la première heure pour réparer le portique
et emporte la rotule endommagée pour la rafistoler provisoirement. Parallèlement,
nous commandons par internet une rotule neuve qui nous sera apportée mercredi
par Philippe du Couëdic qui embarque sur Alfred pour la prochaine étape. Il
fait beau et la journée est libre : François et Pierre partent faire une
marche jusqu’au sommet de la haute falaise qui surplombe à l’E la ville et la
longue plage de galets qui la borde, avec au loin l’arche et l’aiguille
d’Etretat, puis nous nous retrouvons tous les trois pour visiter ensemble la
magnifique Abbatiale de Fécamp.
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| Départ de Fécamp pour Dunkerque |
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| Ventre à terre, plein vent arrière, avec des pointes à 11 noeuds! |

Brice, ponctuel, arrive à bord à 8h15 le mardi 12 mai
avec tout son matériel de soudure pour renforcer le portique ainsi que la
fameuse rotule rafistolée que Pierre remonte sur le vérin du pilote. A 11
heures, tout est en ordre et nous repartons vers Dunkerque, notre destination
finale. Belle journée de voile très ensoleillée avec une belle brise, au grand
largue d’abord, puis plein vent arrière voiles en ciseaux, allure où Alfred est
particulièrement agréable et efficace : des pointes à 11 nœuds ! Au
passage du cap Gris Nez vers minuit, le vent commence à mollir et nous arrivons
un peu poussivement, en nous aidant du moteur sur la fin, dans le port de
Dunkerque où nous amarrons Alfred à 7 heures à la marina du Port du Grand
Large. C’est du même ponton qu’Ambrym était parti en juin 2017 pour son périple
de huit ans autour du monde. Pour notre part et plus modestement, nous avons
parcouru 597 milles (470 en route directe) depuis notre départ de la Trinité il
y a un peu plus d’une semaine.
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| Arrivée au petit jour à Dunkerque |
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| Pierre revoit avec émotion l'usine pétrochimique Versalis où il a travaillé près de dix ans |
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| Les jolies façades du front de mer à Malo-les-Bains |
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